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  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique.
Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique. Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 12:05

L'indécence des primes de départ de Michel COMBES annoncées en cette fin août 2015 donne à réfléchir sur le sens de la rémunération au mérite.

 

1300 euros par emploi supprimé

 

Nous apprenons donc que M. COMBES, alors qu'il n'a pas respecté son contrat stipulant un maintien de 3 ans en poste, recevrait 13,7 millions d'euros par un cumul de cadeaux de départ différents (primes, actions gratuites, ...).

Les actionnaires justifient cette décision par le fait que la valeur de l'action avait été multipliée par 7 depuis son arrivée.

Si la valeur de l'entreprise était multipliée par 7, nous pourrions peut être comprendre cette justification. Mais il ne s'agit que de la valeur boursière c'est à dire spéculative, de l'entreprise.

Cette valeur dépend bien sur des perspectives de l'entreprise mais aussi, et énormément en l'occurence, de paramètres extérieurs comme la montée d'une bulle boursière du fait d'une distribution monétaire vers le secteur financier plutôt que vers l'économie réelle, ou encore la baisse du prix du pétrole.

Par ailleurs, les perspectives boursières concernent les attentes en dividendes, c'est à dire la ponction faire sur le chiffre d'affaires d'une entreprise en faveur des propriétaires du capital.

Il ne s'agit alors pas de développer l'activité mais que le bénéfice soit le plus important.

La solution basique et pas du tout inventive de ces chefs d'entreprise ? Supprimer  des emplois pour diminuer ce qui est distribué aux travailleurs sous forme de salaires. Qui a dit exploitation?...

Le résultat, c'est que M. COMBES se voit attribuer une prime de plus de 1300 euros par emploi supprimé !

Où est le mérite? Où est le courage quand il s'agit de supprimer les postes des autres pour gagner de telles sommes? Comment expliquer aux familles concernées que grâce à leur mise en précarité, M. COMBES va pouvoir empocher 13,7 millions d'euros?

Alors oui, c'est indécent.

Et ceci pose clairement la question de la rémunération au mérite : qui décide ce qu'est le mérite?

 

Et si les citoyens déterminaient la prime?

 

Actuellement, ce sont des actionnaires financiers.

Nous en arrivons au paradoxe d'entreprises qui ne cherchent plus à répondre à des besoins en créant des produits (maximisation du chiffre d'affaires) mais à limiter leur production pour maximiser le taux de rentabilité (hausse du prix par baisse de l'offre, et baisse des coûts en mettant la pression sur le travail).

Imaginons maintenant que ce soient les citoyens qui détermineraient la prime.

Nous pouvons supposer que l'objectif ne serait pas alors de maximiser le gain des propriétaires du capital, qui, rappelons le, n'ont de mérite que le fait d'avoir possédé un capital à un moment donné et de l'avoir placé. Les citoyens ont pour intérêt à la fois que l'entreprise produise le maxium de biens utiles et que les revenus soient le mieux réparti possible pour que chacun puisse disposer des produits créés.

L'objectif citoyen est donc d'augmenter le chiffre d'affaires (à prix constant), la masse salariale, et le salaire moyen.

Or, entre 2012 et maintenant, Alcatel a perdu 20% de ses immobilisations, 8% de son chiffre d'affaires, a augmenté son endettement de 20% et diminué ses effectifs de 8%.

Qu'est-ce qu'a apporté M. COMBES à la société française et même mondiale? Quel est son mérite???

 

Une prime nationale pour la création

 

Vu que le marché ne rémunère pas correctement le mérite, il me semble que nous pourrions proposer que ces primes disparaissent et que ce soit l'Etat (les citoyens) qui rémunère un mérite particulier.

ça pourait être le mérite d'un abbé Pierre qui diminue la pauvreté et la précarité ou un chef d'entreprises qui crée vraiment de la valeur et des emplois.

Dans le cas des chefs d'entreprise, nous pourrions le quantifier ainsi : 500 euros par emploi créé à la sortie du poste augmenté du pourcentage de chiffre d'affaire supplémentaire créé en France dans la période.

Qui sait, peut être que les chefs d'entreprise retrouveraient la vertu du travail humain et de la mission première de l'entreprise : produire pour diminuer la rareté des biens et services ?

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Thomas PETIT
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