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  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique.
Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique. Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 15:50

Donner plus à ceux qui font plus ?
Fonctionnaires : le fouet du «mérite»
Révolution : les cadres de la fonction publique devraient bientôt voir leur salaire lié à leurs résultats. «Une fausse bonne idée», affirment deux chercheurs

 

Depuis longtemps, l'idée était dans l'air : introduire dans la fonction publique la rémunération au mérite, comme cela se pratique désormais presque partout dans le privé, avec le rituel entretien d'évaluation des salariés une fois l'an. 200 000 fonctionnaires - seulement des cadres - devraient progressivement y être sou mis. Un progrès ? Pas si sûr, selon deux chercheurs. L un, Hubert Landier, également consultant, dresse dans un livre (1) un bilan de cette pratique censée motiver les salariés dans les entreprises, et il estime qu elle ne donne pas vrai ment les résultats escomptés. L'autre, Olivier Cousin, chercheur au CNRS, publie une enquête sur les cadres (2) qui va dans le même sens. Ils livrent leur diagnostic.

Hubert Landier
«C'est contre-productif»
«Les salaires sont traditionnellement une source de tension. La rémunération au mérite devrait, en principe, introduire plus d'équité lors des augmentations et par conséquent calmer le jeu. Dans les faits, elle est devenue une pomme de discorde. Ce qui pose problème, c'est l'évaluation : les critères mis en place pour évaluer les performances sont souvent peu clairs. Pour les commerciaux, c'est simple : on peut quantifier leurs résultats. Mais pour tous les autres ? Comment mesurer leurs performances ? D'ailleurs, c'est sans doute le plus frappant dans cette enquête, les salariés à qui nous avons demandé leur avis évoquent très rarement la question des objectifs ! Comme si l'enjeu n'était pas vraiment là. Et si certains salariés adhèrent à l'idée des augmentations individuelles, la majorité y voit un système opaque et injuste, voire arbitraire. L'expression qui revient le plus souvent, c'est «à la tête du client».

Olivier Cousin
«Trop d'effets pervers»
«Rémunérer au mérite, c'est un peu une fiction managériale. La direction décide des orientations, des objectifs déconnectés du réel. Du coup, cela devient une obligation administrative pour les managers de proximité, ils ne savent plus comment s'en dépêtrer. Par exemple, ils préfèrent sau poudrer l'enveloppe qui leur est al louée, pour ne pas faire trop de mécontents. Souvent, le lien entre les performances et la gratification n est pas perçu : beaucoup de cadres disent qu'ils sont augmentés longtemps après ce qui a éventuellement justifié cette revalorisation. Et quid du travail en équipe ? Ce type d'incitation pousse à l'individualisme, à faire «du chiffre» plutôt que de la qualité. Dur problème pour le manager que de motiver ceux qui ne sont pas augmentés et qui sont très majoritaires ! Eux, pour la plupart, considèrent que c'est injuste.
Et en général on ne leur fournit aucune explication ! Et puis, dans les grandes entreprises, les directions définissent par ?^ avance un pourcentage de cadres susceptibles d'être récompensés : 5% de bons mais aussi 5% de pas bons, comme chez IBM, où il y a quelques années ces quotas avaient servi de base aux licenciements...

(1) «Evaluer le climat social de votre entreprise», Eyrolles - Editions d'Organisation.
(2) "Les Cadres à l'épreuve du travail", Presses universitaires de Rennes.

 

Véronique Radier
Le Nouvel Observateur

 

Ce que prévoit le décret

 

Ministère par ministère, d'ici à 2012, tous les cadres administratifs de niveau A (c'est-à-dire recrutés après un bac + 3 minimum) devraient voir 40% de leur salaire, c'est énorme, affecté par leurs performances individuelles. Avec d'un côté une prime mensuelle liée aux résultats individuels, la PFR (prime de fonctions et de résultats), et de l'autre des bonus exceptionnels pour l'accomplissement d'une mission ou d'un chantier donné. L'Education nationale - pas pour les enseignants ! - et les ministères des Affaires étrangères, de l'Agriculture et de l'Environnement seraient partants dès l'année prochaine. Cette réforme devrait avoir le mérite de clarifier et d'homogénéiser un système complexe de primes et bonus en tout genre, qui diffèrent souvent d'un ministère à l'autre. 200 000 fonctionnaires sont concernés.

 

Véronique Radier
Le Nouvel Observateur 131108

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Published by Thomas PETIT - dans Société
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