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  • : Le blog de Thomas PETIT
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  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique.
Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique. Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 23:35

Dans un article précédent, je signalais la situation de mise en chômage partiel des fonctionnaires de la Californie comme un avenir possible en Europe voire chez nous.

Je réagissais alors à mes collègues qui peuvent se désolidariser du privé en disant qu'au moins ils ne seraient pas touchés par la crise. Il s'agit d'une position défensive et égoïste.

Défensive car elle permet au gouvernement de mettre la pression sur le plus grave : l'institutionnel, le structurel. En effet, comment avoir des revendications quand on nous dit que l'on est déjà les plus chanceux de la population?

Le fait que ce soit égoïste est évident et n'a pas besoin d'explication.

Mais en plus, ils se trompaient sur la capacité du statut à nous protéger : si l'État ne peut plus payer, emploi ou pas, les fonctionnaires seront dans la même galère.


Il faut donc trouver des solution globales, des solutions communes.


Et là on ne peut qu'avoir une impression de dépression quand on entend les solutions proposées par le FMI et la BCE pour venir en aide aux pays occidentaux (Irlande, Lettonie, Hongrie, Roumanie pour commencer). Loin d'avoir tiré les leçons d'hier avec les échecs en Amérique Latine et les succès de ceux qui ont fait le contraire en Asie, loin de tirer les leçons de la crise actuelle, ces institutions prestigieuses continuent d'imposer la restriction budgétaire, l'attaque des structures d'État, la stigmatisation des serviteurs du peuple : les fonctionnaires.

En effet, dans un article du Monde (8 et 9 mars – Face à la Crise, Plusieurs Pays Réduisent les Salaires de leurs Fonctionnaires – Philippe RICARD) nous découvrons que l'aide est conditionnée à des réformes structurelles d'obédience ultra-libérales. Encore une fois, il s'agit de diminuer le coût des structures de l'État pour augmenter les profits et théoriquement inciter à la production. Le problème de cette analyse? : ça n'a jamais marché !

Mais s'il s'agissait de pays isolés que l'on pourrait rétablir plus tard on pourrait s'apitoyer sur leur sort, déplorer la stratégie du FMI et de la BCE et attendre que l'orage passe faute de pouvoir d'action.

Seulement, quand la France voit son déficit exploser à 100 milliards, et certainement plus si l'on en croît la vitesse de croissance des prévisions et résultats pessimistes, on ne peut que se demander à quand notre tour?


De plus, si l'on pouvait débattre en période de croissance sur les méthodes employées par ces institutions pour « redresser » les pays demandeurs d'aide, il paraît par contre évident que c'est un contre-sens économique de diminuer les salaires d'une partie importante des actifs en période de récession voire de dépression.

Dans une période de crise majeure, pourquoi mettent-ils de l'huile sur le feu? Car quand la consommation va baisser dans 4 pays occidentaux, c'est tout le marché qui en sera impacté.


Le gouvernement français, de sons côté, se targue d'augmenter le pouvoir d'achat des fonctionnaires en 2009. Mais qu'en est-il en réalité : l'inflation passera sous l'augmentation prévue du point d'indice. Doit-on s'en réjouir? Si la croissance était forte, ce serait évident. Mais avec 2,5 point de croissance négative, une inflation de 0,4 points et une hausse de 0,5 points de l'indiciaire (environ 75% de la rémunération des fonctionnaires), on voit que l'augmentation dépasse en fait les capacités de financement de l'État. Vu le passif, il s'agit d'une sorte de rattrapage sur ce que le reste de la société a prélevé sur les fonctionnaires en les augmentant moins que la hausse du PIB ces 20 dernières années. Mais ce n'est pas du tout le moment.

Comment expliquer aux nouveaux chômeurs que non contents d'avoir la sécurité de l'emploi, les fonctionnaires ne subissent pas non plus la crise au niveau des rémunérations?

La situation est donc explosive et les déclarations de François FILLON montrent que le gouvernement communique sur une future hausse du pouvoir d'achat des fonctionnaires pour mieux préparer des offensives de fond importantes. Le maintien des réductions de postes confirme cette analyse.


Pourtant, jamais un pays n'a autant besoin de stabilisateurs qu'en période de crise. Avec plus de 3 millions de français en manque d'emploi, il faut une population suffisamment protégée pour redonner confiance. Casser les structures en période de crise n'a jamais fonctionné.

Les échecs passés du FMI l'ont montré.

A nous d'empêcher que ça continue en allant voter le 7 juin aux européennes pour donner à l'Europe un nouveau sens !

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Published by Thomas PETIT
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