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  • : Le blog de Thomas PETIT
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  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique.
Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique. Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 06:31
Le pouvoir des médias et de l'émotion a encore frappé.
Alors, qu'il incitait à l'inflation des rémunérations pour faire revenir les français auto-exilés pour des raisons d'égoïsme fiscal, M. SARKOZY veut tout à coup légiférer pour briser le rêve de pauvres patrons qui ne pourraient plus toucher les millions qu'ils s'octroient.

A première vue, ce retournement semble positif.
Mais prenons un peu de recul.

Ces rémunérations sont-elles un problème?
En termes de communication, c'est une évidence dans une période de crise.
Mais c'est aussi un problème lorsque la croissance est au rendez-vous.
En effet, comment expliquer une inflation de la rémunération parfois 10 fois supérieure à la croissance de la richesse du pays?
Cette augmentation se paie, et elle ne peut que se payer sur les autres. Qu'il y ait des corrections de temps à autre, pourquoi pas. Mais quel travail peut justifier une rémunération supérieure à des centaines d'années de SMIC?
Qui peut se prévaloir de travailler l'équivalent de centaines d'années de travail d'un ouvrier?
Rien ne justifie de tels montants. Ce n'est donc pas un problème lié à la crise mais bien un problème de fond. La limitation ne devrait pas s'arrêter aux entreprises ayant une aide d'Etat mais à toute rémunération. Si cette limitation était indexée sur le SMIC, il serait marrant de voir que ceux qui disent que le SMIC doit être limité seraient tout à coup défenseurs de fortes hausses du salaire de base.
Mais la solution actuelle viendrait plutôt de l'imposition. C'est ce qui se pratiquait notamment dans le pays anglo-saxons avec des taux d'imposition marginale supérieurs à 90% (c'est-à-dire qu'à partir d'un certains montant, ils payaient 90% du surplus).

Or le président qui se veut le pourfendeur de ces voyous maintient dans le même temps le bouclier fiscal.
Or ce même président s'est octroyé une augmentation de 172 % en arrivant au pouvoir (1), augmentation qu'il ne remet pas en question malgré ses résultats catastrophiques en matière économique.
Or ce même président refuse de donner des coups de pouce au SMIC.
Or ce même président supprime des postes dans la fonction publique et achète la paix sociale en redistribuant une partie de la somme à ceux qui restent.
...

On voit donc bien qu'il n'y a pas un réel changement d'attitude. Le président n'est porté que par un seul motif : ça fait tâche dans le journal de 20h. Ses alliés étant très mal vus actuellement, il faut faire semblant de leur taper dessus. Vous avez dit populisme? Vous avez raison.
Je suis même étonné qu'il n'ait pas pensé à la "solution" qui lui conviendrait le mieux : interdire aux médias d'en parler.
Quoique, avec le projet de loi sur l'audio-visuel, il y avait quand même un peu pensé...



(1) Canard Enchaîné, 12 décembre 2007

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Published by Thomas PETIT - dans Politique
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