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  • : Le blog de Thomas PETIT
  • : Recherche et partage d'alternatives à une société en panne d'imagination sociale. La théorie doit mener à une pratique positive.
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  • Thomas PETIT
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique.
Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique. Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 11:46
Les conflits sociaux naissent d'une confrontation entre le point de vue, les actes, de la direction et la situation des employés. La grève est un moyen de dire que les décisions de la direction sont inacceptables et qu'elle doit changer d'attitude vis-à-vis de ses salariés. Ce droit est ce qui fait la différence entre le salariat contraint par la nécessité de se nourrir et l'esclavage.

 UN CONSTAT D'INEFFICACITE

 Or ce droit est contraint par la capacité financière des employés. En effet, sans salaire, ils ne peuvent tenir longtemps. Pendant ce temps, l'entreprise subit une baisse de sa production et du profit. Mais cette pression sur l'entreprise ne s'exerce qu'en période de croissance vu qu'en période de crise du secteur de l'entreprise, ou si cette entreprise veut justement "réduire la voilure" pour aller chercher des salariés moins chers, et plus serviles, faire grève ne fait que faciliter cette réduction de voilure et en plus réduit les coûts de personnel de l'entreprise pendant la période. La pression ne s'exerce plus alors que sur l'image et dépend donc de la communication et du bon vouloir des médias à transmettre l'information et de la population à comprendre et se mobiliser pour sanctionner l'entreprise.

La situation est encore plus flagrante dans la fonction publique : seuls ceux qui ont une faculté de blocage sont entendus.
Ainsi, la Direction Générale de la Concurrence, Consommation et Répression des Fraudes (DGCCRF), essentielle dans la régulation du marché, est déchirée par le gouvernement qui dilue les missions et les services entre 3 niveaux hiérarchiques inter-ministériels là où il y avait unité, simplicité et efficacité d'un réseau ministériel structuré et expérimenté. Les agents se mobilisent en masse. Très peu d'articles dans la presse. Le gouvernement fait la sourde oreille et passe en force méprisant totalement le dialogue social.
De même, l'ONF (Office National des Forêts), qui gère les forêts de l'Etat et de collectivités à long terme pour que nos enfants ne soient pas dépossédés de cet héritage vert, est tiraillée par des exigences de résultats et même depuis peu par la demande d'un dividende fixe par le gouvernement. Les agents, qui ne comptent pas leurs heures pour ce métier qui les passionnent, se mobilisent fortement. 30% d'entre aux sont venus manifester sur Paris. Résultat : rien. C'est comme si 20 millions de français manifestaient à Paris sur un sujet de société mais que le gouvernement n'en tienne pas compte !

 UNE SOLUTION : QUE LA GREVE COUTE AUSSI AUX DIRIGEANTS

 Alors que proposer? Les séquestrations? La révolution?
C'est ce que la colère et le mépris ne peuvent qu'apporter : durcissement et violence.
Avant que le gouvernement et les patrons, par leur négation du social, ne mènent notre France vers une catastrophe, je propose une solution simple, non violente et totalement logique : qu'il y ait une retenue sur salaire aussi du côté des dirigeants.
C'est un principe de responsabilité qui s'applique aux salariés mais ne s'applique pas aux réels fauteurs de trouble.

L'idée serait donc qu'en fonction du taux de grévistes dans une entreprise, un service, une direction, un établissement public, ... une retenue soit appliquée à chaque niveau hiérarchique correspondant. Un mécanisme de contrôle devrait être mis en place pour qu'une prime ne vienne pas compenser cette perte. De plus, pour que les actionnaires ne soient pas encore gagnants dans l'histoire alors qu'ils sont commanditaires à la base, la retenue irait dans une caisse sociale à déterminer (financement des actions sociales, UNEDIC, ... ?).

La remontée, au niveau de l'Etat, pourrait aller jusqu'aux élus concernés (parlements, collectivités locales, ...). Au niveau des propriétaires d'entreprises, il pourrait s'agir d'une ponction proportionnelle sur les distributions votées par les actionnaires. Cette solution relativement simple aurait un avantage énorme : motiver la partie dirigeante vers une solution équilibrée. Elle donnerait un impact supplémentaire à la grève et redonnerait une motivation aux salariés qui ne voient actuellement aucune autre solution que la violence pour répondre à la violence des annonces de licenciements.

Et pourquoi pas une extension au niveau européen? Martin SCHULTZ, président du groupe PSE (socialistes) au parlement européen, présent à un meeting de la liste PS Ile-deFrance hier à Paris, avait l'air intéressé quand je lui en ai parlé. Ce qui est sur, c'est que voter pour Barroso (PPE - UMP européen) qui suit les directives du Business Group (MEDEF européen) ne permettrait pas le développement d'une telle idée.
Voter le 7 juin aura donc beaucoup d'importance !

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Published by Thomas PETIT - dans Société
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