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  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique.
Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col
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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 16:47

La crise de 1923 ou la hantise de l'Allemagne

 

L'Allemagne résiste à toute tentation d'aider la Grèce en rappelant ses déboires de 1923 avec son hyper-inflation.

Or il est intéressant de noter que la crise d'hyper-inflation allemande était surtout due à des choix extérieurs.

En effet, les créances de guerre de l'Allemagne pesaient trop sur son économie : elle était en incapacité de produire autant et encore moins plus que ce qu'elle devait rembourser.

Ses créanciers, vengeurs, sont restés vindicatifs et ont refusé pendant longtemps de réorganiser la dette et d'en atténuer les effets. Voir l'Allemagne s'effondrer avait pour eux (dont la France) un effet jubilatoire. L'Allemagne n'a donc pas eu d'autre choix que de financer sa dette par la planche à billet, sans capacité productive supplémentaire.

L'effet a donc effectivement été une inflation s'auto-entretenant en permanence à la hausse avec un décrochement du Mark par rapport à l'or et donc une hausse des dettes. (pour résumer)

C'est donc l'intransigeance des créanciers qui a été cause de cette hyper-information et pas une prétendue paresse des allemands.

 

Or, que se passe-t-il pour la Grèce?

 

La Grèce s'est d'abord endettée et a triché pour rentrer dans l'Euro. Elle l'a fait notamment du fait de l'intransigeance allemande qui ne pouvait supporter une baisse de l'Euro pour soutenir l'entrée de la (et autres PIGs...) Grèce dans la zone Euro. Cette attitude fut couverte notamment par l'Allemagne qui croyait alors au marché et laissait ses banques acheter des sub-primes par exemple. Elle pensait donc que la Grèce pouvait s'endetter et manipuler un peu ses chiffres car la croissance permettrait de résoudre au final cette situation temporaire.

De plus, la Grèce par ce biais pouvait acheter des machines allemandes et augmenter l'excédent commercial allemand. Mme MERKEL ne critiquait pas officiellement la Grèce à l'époque, mais s'en servait.


De ce fait, la Grèce est débitrice essentiellement de ses partenaires de l'UE.

Mais quand il y a eu retournement, les dettes anciennes sont devenues des poids morts s'ajoutant aux coûts importants de la crise. Ces dettes ont pu alors apparaître insupportables à court terme, ce qu'ont compris les spéculateurs. Ceux-ci n'avaient plus alors qu'à accélérer le processus pour que la dette devienne insupportable (demander un remboursement plus rapide ou des gages supplémentaires que la Grèce ne pouvait évidemment donner comme des taux très élevés).


Réaction de l'Allemagne? Intransigeance ! Au lieu d'être solidaire et de réévaluer la dette grecque, de passer l'éponge sur les tricheries, en plus lorsqu'il y a un changement de dirigeant, ce qui aurait pu faciliter la communication sur le sujet, au lieu de mettre la pression sur les spéculateurs en cassant leur pari par des aides directes des Etats membres à la Grèce (pas de besoin de garantie CDS, les CDS achetés au préalable s'effondrent et les spéculateurs perdent des fortunes...), au lieu d'une action proche de ce qu'auraient du faire les vainqueurs de la guerre 14-18 vis-à-vis de l'Allemagne, au contraire l'Allemagne de MERKEL enfonce la Grèce, la traite de tricheuse, de paresseuse, de passager clandestin de la zone Euro, empêche l'intervention de la BCE et des partenaires de la zone Euro...

 

Par conséquent, l'Allemagne qui a connu en 1923 une crise profonde du fait de l'action de ses voisins, fait exactement la même chose vis-à-vis de la Grèce.


Le martyr devient bourreau !


Combien de temps la Grèce supportera-t-elle ce traitement? Comment les PIGs pourront-ils continuer à être partenaire d'une Allemagne hautaine, non solidaire, écrasante? Comment les pays de l'Est pourront-ils être attirés par une zone qui au lieu d'être solidaire est destructrice?

L'Allemagne de 2010 n'a pas retenu les leçons de 1923. Comme pour 1923 et ses suites désastreuses, elle agit par peur d'elle-même et de ses voisins.

Espérons que l'Allemagne puisse entendre raison et que l'histoire ne se répète pas !

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Published by Thomas PETIT - dans Economie
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