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  • : Le blog de Thomas PETIT
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  • Thomas PETIT
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique.
Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique. Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 13:41

Au-delà du retournement idéologique des conservateurs anglais, nous ne pouvons que nous réjouir de les voir à la fois prôner une politique de relance de l’activité par une politique de grands travaux mais aussi financer celle-ci par création monétaire (quantitative easing).

En effet, c’est ce que nous avions proposé depuis 2008 sur l’idée que les États étant déjà trop endettés et les marchés financiers ne jouant plus correctement leur rôle de carburant de l’économie, il fallait que les États réutilisent la planche à billet (http://analyses-et-propositions.over-blog.com/article-22864347.html).


Mais attention, cette solution doit être utilisée avec doigté : quels investissements ? quelle quantité de monnaie créer ?


Il faut se souvenir que la crise n’a pas commencé en 2008 avec Lehman Brother, ni en 2007 avec les sub-primes, mais en 2006 avec l’explosion du prix du pétrole et du blé (émeutes de la faim). C’est d’abord une crise écologique, une crise du système de production, une crise de la société de consommation, et pas du tout une crise des dettes ou une crise de compétitivité.

Les investissements, pour être efficaces, doivent donc d’abord répondre à ces crises en diminuant la facture énergétique (énergies renouvelables, travaux sur le parc immobilier...), en relocalisant certaines productions, en assurant la qualité des productions de base notamment alimentaires, en augmentant la durée de vie des biens produits (contre l’obsolescence programmée). Si les investissements conduisent à une concurrence entre produits de mauvaise qualité et gourmands en matières premières, nous ne ferons que créer des effets d’éviction entre producteurs mondiaux avec des risques de réduction de la qualité pour des raisons de compétitivité de court terme. Ceci ne ferait qu’augmenter les bases de nos crises actuelles.


Par ailleurs, quelle quantité de monnaie le gouvernement peut-il déverser ?


2 pistes pour répondre à cette question : le niveau de chômage et les taux d’intérêts sur les marchés financiers.


La première piste répond à une question pratique : pour produire, il faut du matériel, des bras et des compétences. Chaque projet financé par création monétaire doit donc faire l’objet d’une réflexion sur la disponibilité de ces 3 facteurs. Au niveau des bras, le niveau de chômage répond en partie à la question. La formation des chômeurs peut répondre à la question des compétences lorsqu’elles ne sont pas déjà acquises.

Mais il y a un deuxième effet à attendre de l’activation de ce capital humain : leur rémunération implique une augmentation de la demande sur le marché privé. Il faut donc que les investissements de l’État n’emploient pas la totalité des bras disponibles afin que le privé puisse répondre à une hausse de la demande et éviter ainsi un risque inflationniste.

Pour le matériel nécessaire, il doit faire l’objet d’une réflexion sur la disponibilité des matières premières nécessaires à la production de ces matériels et, de là, déterminer le rythme des investissements pour que la production soit soutenable.


Concernant la deuxième piste de contrôle, l’idée est de constater que le marché financier a théoriquement pour rôle de réinjecter les surplus financiers (monnaie excédentaire) des périodes précédentes. Bien sur, ce rôle est complètement oublié aujourd’hui par manque de régulation.

Or, il y a une relation entre l’application de ce rôle et le taux d’intérêt proposé par les marchés aux États : si ce taux est excessif, il implique que la quantité de monnaie sur les marchés dits réels est insuffisante, si le taux est très bas, il implique qu’il y a trop de monnaie sur les marchés financiers.

Dans le premier cas, il est légitime de créer plus de monnaie. Dans le deuxième, il faut emprunter pour réaffecter cette monnaie que la production privée n’arrive pas à utiliser (d’où l’excès de monnaie sur le marché). Dans les 2 cas, il s’agit d’un jeu de réaffectation et l’important, plus que la quantité est la question de la direction et de l’utilisation de cette monnaie. Ainsi, les injections de 1000 milliards d’euros auprès des marchés financiers par la banque centrale ne répondaient pas à cette question puisque ces marchés n’arrivaient pas à affecter correctement leurs surplus là où ils auraient été utiles.

Au final, le taux d’inflation est un bon critère de choix : si les taux proposés sont supérieurs, il faut créer de la monnaie, s’ils sont inférieurs, on peut aller sur les marchés financiers pour financer nos investissements.


Il y a d’autres possibilités comme critère de choix (un taux fixe à 4 points correspondant au chemin moyen de croissance en valeur par exemple) mais l’important est que cette capacité retrouvée à gérer le financement de l’économie permettrait à la fois de garantir la stabilité financière des États (qui ne pourraient jamais plus être excessivement endettés) et de redonner la capacité de politiques budgétaires sur la base des capacités productives (conformément aux besoins) et plus sur la base de rentrées fiscales par nature assez rigides et aléatoires à la fois (elles dépendent du taux de croissance inconnu de l’année en cours lors de la constitution du budget...).


Le changement, que l’on peut qualifier de retournement vu les débuts de la politique Cameron, sont donc positifs mais ils imposent un contrôle dont on peut douter que de récents admirateurs du keynésianisme aient conscience.

Il serait en tout cas utile que le nouveau gouvernement français s’appuie sur cette nouvelle politique pour proposer un nouveau projet européen !

 

 


Nick Clegg announces 'massive' push for growth after IMF warning

Nick Clegg said the government’s priority was to use its balance sheet to inject credit into the economy.

Wednesday 23 May 2012

http://apps.facebook.com/theguardian/politics/2012/may/23/nick-clegg-massive-push-growth?post_gdp=true

Deputy prime minister talks of plans for state-backed infrastructure investment, but says it is no 'plan B'

Nick Clegg has signalled that the coalition has plans for a "massive" increase in state-backed infrastructure investment but denied that the fresh emphasis on growth represented a "plan B".

The deputy prime minister said instructions had been issued to the Treasury setting out the government's plan to use its balance sheet to inject credit into the economy, with a "massive" increase in housing and infrastructure and schemes to reduce youth unemployment in a new emphasis on growth.

The Lib Dem's comments seemed to chime with a call from the International Monetary Fund to the UK to look at fuelling infrastructure funding or cutting VAT or national insurance if the economic situation worsened.

Expressing concern about weak growth and high levels of youth unemployment, the IMF said the UK needed swift action from the Bank of England governor, Sir Mervyn King, but that the chancellor should be ready with a plan B for the economy. Speaking with George Osborne at a news conference in London on Tuesday, Christine Lagarde, the IMF's managing director, said: "Growth is too slow and unemployment, including youth unemployment, is too high. Policies to bolster demand before low growth becomes entrenched are needed."

The IMF recommended an immediate cut in interest rates from the 0.5% level and an acceleration of the £325bn programme of printing electronic money, known as quantitative easing. The shadow chancellor, Ed Balls, said the IMF's report amounted to an endorsement of Labour calls for a "plan B" to boost jobs and growth.

In an interview with the Financial Times, Clegg said the government's "absolute priority" was to use its balance sheet to inject credit into the economy.

He denied that the plans in the pipeline signified a "plan B", stressing that the government's deficit-reduction plan had earned Britain market credibility.

Though he insisted the coalition initially had no choice but to set out "in very lurid terms the state of the emergency we were facing", he went on to concede that "that kind of language over a prolonged period of time can have a dampening effect on mood, which is very important in an economy".

Clegg admitted the use of state balance sheets to assume additional risks on major schemes was not popular with all Treasury officials.

"From the top of government, a few weeks ago we decided this was the route we're going to take," he added. "That's the instruction we've issued to the Treasury."

Downing Street said Clegg's comments reflected what David Cameron set out last week in a speech on the economy. The government was able to do this thanks to the "credible fiscal policies" that allowed it to use the balance sheet to help the economy grow and support investment, said a Downing Street spokesman.

"The prime minister set out in his speech last week this issue about what the government can do and how it can use its balance sheet to support investment," said the spokesman. "And, as he said in that speech, he has asked the Treasury to examine what more we can do in that area and that work is now under way."

On the eurozone crisis, Clegg called for "simple will and leadership" to resolve it, and for all 27 EU member states, including Britain, to be involved in finding a solution.

It would be of "absolutely no benefit" to anyone to see Greece "tumble out of the euro", he said, and warned that such a move could inflict a "direct hit on Britain of potentially massive proportions".

Clegg also used his interview to say he welcomed the election of François Hollande as France's new president. "I personally massively welcome the arrival of Hollande on to the scene," he said.

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Published by Thomas PETIT - dans Economie
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