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  • : Le blog de Thomas PETIT
  • : Recherche et partage d'alternatives à une société en panne d'imagination sociale. La théorie doit mener à une pratique positive.
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  • Thomas PETIT
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique.
Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique. Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 17:55

Le gouvernement a présenté son Document d’Orientation sur la Réforme des Retraites.

Ils titrent : Réussissons une Réforme Juste.

Programme alléchant donc. Sauf que dès le départ, on sent le piège : ce gouvernement créateur de la loi TEPA et grand prêtre efficace de l’inégalité sociale met comme principe majeur de sa réforme… la solidarité ! Là on a un doute…

L’introduction est donc un texte genre bisounours avec de belles phrases vantant le système mais faisant un constat ultra-alarmiste (que l’on connaît désormais très bien).

Bien sûr, les besoins de financements deviennent des déficits, le vieillissement de la population devient une catastrophe économique et l’on compare le nombre d’actifs aux retraités plutôt que de comparer la richesse du pays à la population.

Sur la base de ce (mauvais) constat, 2 objectifs et 14 engagements sont mis en avant.

Objectif 1 : apporter une solution durable en agissant sur les causes structurelles. En gros, le financement n’est pas structurel mais les droits le sont. Donc, il faut réduire les droits, ça diminuera le besoin de financement, oups je me suis trompé, le déficit. C’est sur que si l’on met une retraite à 90 ans , il ne devrait pas y avoir de problème de financement… Par contre, jeme demande ce qu’il en sera des caisses chômage…

Objectif 2 : conforter le système de solidarité. C’est beau non ?

Les engagements sont structurés en 4 thèmes :

Pour restaurer la confiance dans le système de retraite :

1) Sauvegarder le système de retraite par répartition.  Le texte fait apparaître une grande charge contre les capitalisations, dangereuses, instables, … mais se termine par un soutien « nécessaire » à l’épargne retraite. J’ai du mal à rester poli… C’est présenté comme un complément mais qui pourra constituer ce complément ? Celui qui a une retraite à 700€ ? J’ai des doutes. Alors pourquoi utiliser des fonds pour soutenir une épargne-retraite (qui n’est rien d’autre que de la capitalisation) alors que l’on nous serine que les caisses sont vides pour le système général ?

2) Assurer le retour à l'équilibre à moyen terme. Il s’agit de dire qu’il faut que notre système soit à l’équilibre. Encore une manière de dire qu’il y aurait des déficits alors qu’en répartition, il ne peut y avoir que des droits et des recettes devant financer ces droits. Il s’agit aussi d’annoncer que le système actuel pourrait changer à long terme (système par points ou en comptes notionnels évoqués) mais que ce n’est pas le sujet actuel (on vise 2020-2030).

3) Ne pas réduire les déficits en baissant les pensions des retraités d'aujourd'hui, dont le pouvoir d'achat restera garanti par l'indexation de leurs pensions sur les prix. Le début de l’arnaque : l’indexation sur les prix implique une baisse relative à la société qui avance, elle, à la vitesse de la croissance.

4) Ne pas réduire les déficits en baissant les pensions des retraités de demain. Ils disent ici que les prévisions sont de 20% d’augmentation des pensions en plus de l’inflation pour les futurs retraités : en fait il s’agit de la conséquence de l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés actuels, base des futurs retraites, pas de la générosité du gouvernement… Enfin, l’idée est d’affirmer que le gouvernement garantira qu’il n’y aura pas de baisse des pensions. Balladur disait la même chose en 1993 et le résultat est une chute de 20 points du taux de remplacement…

5) Améliorer la compréhension et l'information des Français sur leurs futures retraites. Bonne idée mais ils précisent vouloir simplifier la situation des poly-pensionnés et là, je ne peux m’empêcher d’avoir peur pour eux.

Pour répondre à la cause démographique du déséquilibre :

6) Ecarter toute solution qui baisserait le niveau de vie des Français ou augmenterait le chômage : pour faire simple, le gouvernement refuse de regarder du côté des recettes sauf de manière anecdotique. Pour l’anecdote, il se base sur une étude du CEE pour dire qu’une augmentation de l’impôt provoquerait du chômage sauf que cette étude n’est pas aussi affirmative…

7) Répondre à un déséquilibre démographique (vieillissement de la population) par des solutions démographiques. Là on s’y attendait, ils annoncent qu’ils s’attaqueront à l’âge légal de départ et à la durée de cotisations. Le gouvernement écarte dès aujourd'hui l'idée d'introduire une «super-décote» à partir de 60 ans (système dit de «l'âge pivot»), car cela aboutirait à baisser les pensions de retraite. Risible quand on sait que ce qui est dit juste avant aura pour conséquence évidente la baisse des pensions, non ?

8) Changer les règles de manière très progressive. Là, l’idée est de rassurer les baby-boomers qui sont pourtant la « cause » du déséquilibre des finances à moyen terme. Pas très rassurant pour les autres…

9) Tenir compte de ceux qui ont eu une vie professionnelle plus difficile. Le gouvernement proposera aux partenaires sociaux de prolonger le dispositif «carrières longues», qui permet à ceux qui sont entrés tôt sur le marché du travail de partir à la retraite avant les autres, et étudiera avec eux les ajustements nécessaires. Il tiendra également compte de la pénibilité propre à certains parcours professionnels, en s'appuyant sur la définition des partenaires sociaux. A voir.

10) Mettre fin à la spécificité française en matière d'emploi des seniors. Le gouvernement encouragera la mise en place de «changements profonds» en matière de politique des ressources humaines, de conditions de travail et de déroulement de carrière. Vu le succès des politiques de ce gouvernement en matière de chômage des jeunes, ce paragraphe semble totalement incantatoire.

Pour renforcer l'équité et la solidarité du système

11) Adapter les mécanismes de solidarité des régimes de retraite à la réalité des besoins sociaux. Le gouvernement veut simplifier les dispositifs de solidarité. Au premier abord, on pourrait dire « pourquoi pas ? ». Mais l’expérience de la simplification de l’administration avec la RGPP fait réfléchir.

12) Augmenter les ressources par un effort financier supplémentaire de certains revenus. «Afin d'assurer une répartition équitable de l'effort, le Gouvernement mettra notamment en place une contribution supplémentaire sur les hauts revenus et les revenus du capital. S'agissant des particuliers, cette contribution ne donnera pas droit à restitution au titre du bouclier fiscal.» Ces prélèvements supplémentaires seront affectés au financement des mécanismes de solidarité, à travers le Fonds de solidarité vieillesse (FSV). On ne peut être contre vu que ça correspond à l’analyse de l’UNSA : les mesures de solidarité justifient un élargissement de l’assiette.

13) Poursuivre la convergence entre les régimes de retraite du secteur public et du secteur privé. Là c’est un bijou de communication : ils disent tout et son contraire. En gros, les différences étaient justifiées mais pourraient être revues. Ils restent donc dans une disposition défensive se gardant la possibilité d’attaquer la FP pour contenter un électorat de droite tout en se gardant aussi la possibilité de justifier un retrait sur ce point pour contenter les syndicats. Là non plus, ce n’est pas rassurant.

Pour assurer le succès de la réforme dans la durée :

14) Organiser des rencontres périodiques avec les partenaires sociaux pour s'assurer dans la durée que les conditions de succès de la réforme sont respectées. OK mais où est la nouveauté ? D’ailleurs, les conseils d’administration des caisses se rassemblaient avant même que M. SARKOZY fasse de la politique. D’ici à dire qu’il ne s’agit que de mieux organiser le cortège des funérailles de nos retraites…

La conclusion de tout ça, c’est que l’on a intérêt à se mobiliser, notamment en informant autour de nous du fait qu’il s’agit d’une arnaque et pas d’un problème démographique, parce que tout ce qu’on craignait sur les retraites est en train de se concrétiser !

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Published by Thomas PETIT - dans Economie
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