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  • : Le blog de Thomas PETIT
  • : Recherche et partage d'alternatives à une société en panne d'imagination sociale. La théorie doit mener à une pratique positive.
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  • Thomas PETIT
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique.
Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique. Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 01:32

1) Concernant les patients :

- Préservation des droits des malades à l’information et à la dignité.

- Meilleur remboursement des soins indispensables, en particulier les soins dentaires et de lunettes.

- Plan drastique anti-fraude

Gain estimé : 5 milliards d’euros

 

Commentaire :

OK pour l’information, la dignité, et le meilleur remboursement des soins indispensables. Même l’UMP promet toujours ce genre de chose mais concrètement ils font le contraire sous prétexte de supprimer la fraude.

Aïe, c’est aussi le discours du FN qui chiffre en plus à 5 milliards un plan anti-fraude qui serait effectivement drastique pour obtenir de tels résultats (résultat en plus toujours très aléatoire). Drastique signifie qu’il y aurait de nombreux dégâts collatéraux.

Faut-il économiser 5 milliards d’euros sur un budget d’environ 210 milliards d’euros en créant un risque de déremboursement de personnes gravement malades ? Marine LE PEN prendra-t-elle la responsabilité de victimes potentielles de cette chasse aux sorcières (vu qu’elle est pour la peine de mort, elle devrait y réfléchir à 2 fois…) ?


 

2) Mettre en place des initiatives fiscales ayant pour objectif l’installation ou le maintien de médecins dans les zones rurales.


 

Commentaire :

En général, les zones franches impliquent plus d’effets d’aubaine que d’effets réels. Ceux déjà en place en profiteront, les jeunes n’ayant pas ue clientèle suffisante et de toute manière non imposable n’en profiteront pas.

Ce qui est certain dans un projet de réduction fiscale, c’est que l’on diminue les recettes des biens collectifs au départ, dont la santé ! Les conséquences sont évidemment le manque de moyens par exemple dans les hôpitaux et suite au délabrement dont ce genre de politique est la cause, c’est la privatisation assurée qui au final augmente les prix pour un service contingenté aux plus riches.


 

3) Concernant la distribution des soins en ville par les praticiens de santé :

 


- Préservation du caractère libéral de l’exercice médical, spécificité française qui ne doit pas disparaître au profit d’une subordination excessive aux gestionnaires des caisses. Seul l’intérêt des patients doit déterminer les limites de l’exercice médical : il faudra refondre le système conventionnel et la nomenclature, outil de la fonctionnarisation, en libérant les praticiens de santé de tout lien direct avec les assureurs des patients.


Commentaire :

Une seule chose à comprendre dans cette phrase alambiquée : vive le privé à bas l’outil de « fonctionnarisation ». Le FN n’a donc pas changé : le pauvre ouvrier ne sera pas aidé pour soigner ses problèmes liés à de dures conditions de travail.

 

- Préservation du secret professionnel, de la libre prescription et de l’initiative professionnelle.

 

Commentaire :

OK, qui pourrait être contre ?

 

- Meilleure formation initiale et continue des praticiens de santé dans tous les domaines, en particulier la gériatrie et la santé publique, ainsi que des personnels de soins et d’accompagnement de vie des personnes dépendantes : la dépendance sera un des enjeux majeurs des 15 prochaines années.

 

Commentaire :

Il fallait déjà près de 10 années de formation, le FN propose-t-il de passer à 20 ans de formation ?

 

- Préservation du caractère contractuel des relations avec les patients.


Commentaire :

OK

 

- Préservation des ordres professionnels.

 

Commentaire :

Pour un parti qui se dit anti-castes, anti élites, favoriser le corporatisme est pour le moins étonnant.

 

- Abandon de la maîtrise comptable et de tous ses outils (médecin traitant, quotas, filières…). Abandon du numerus clausus, limitant ainsi le nombre des médecins à diplôme étranger.

 

Commentaire :

OK.

 

 

4) Concernant la distribution des soins à l’hôpital et en clinique :


- Gestion responsable et équilibrée des hôpitaux et des cliniques, libérée des enveloppes globales.

 

Commentaire :

C’est la suite de ce que fait l’UMP : chaque hôpital doit avoir une gestion équilibrée c’est-à-dire pas de solidarité nationale et pas d’hôpitaux dans les secteurs ruraux !

 

-Renvoi de chacun à sa mission initiale : les soignants soignent, les administratifs gèrent.

 

Commentaire :

Il faudrait réembaucher des administratifs pour ça et donc déterminer de nouveaux moyens pour les hôpitaux. Vu la proposition précédente qui impose l’équilibre des comptes individualisés de chaque hôpital, cet objectif paraît très illusoire.

Par ailleurs, cloisonner les fonctions aussi durement implique moins de souplesse pour les usagers comme pour les travailleurs.

 

- Refonte des urgences, responsabilisation des soignants quant à la continuité des soins et des gardes.

 

Commentaire :

Qu’y a-t-il derrière cette refonte ? Ça peut être n’importe quoi.

Pour la responsabilisation, c’est mettre encore plus de juridique sur une profession surchargée par le travail. Faudra-t-il voir une multiplication des procès à l’encontre des infirmiers-ères ???

 

- Aménagement de la loi des 35 heures pour le personnel de santé.

 

Commentaire :

Quel aménagement ? Suppression ? Ces imprécisions ne peuvent qu’inquiéter les personnels concernés.

 

- Maintien raisonné des hôpitaux de proximité.

 

Commentaire :

Contradictoire avec l’objectif d’équilibre. Ou bien ces hôpitaux ne seront que des coquilles vides pour se donner bonne conscience ?

 

- Généralisation d’un partenariat Hôpital-Ville dans le développement des soins d’hospitalisation à domicile.

 

Commentaire :

Là encore il faut voir ce qu’il y a derrière mais le concept paraît intéressant.

 

 

5) Concernant le cas particulier du médicament et des biotechnologies :


 

- Frein aux pratiques mondialistes de regroupement des laboratoires au détriment des petits laboratoires innovants.

 

Commentaire :

Et que fait-on pour développer les petits laboratoires innovants quand ils deviennent grands ? Que fait-on des contrats de recherche entre laboratoires (grands et petits) pour mettre les moyens en commun ? S’agit-il de mettre plus de concurrence dans la recherche médicale ?

 

- Aide à la recherche privée et développement de la recherche publique en urgence.

 

Commentaire :

Quelle aide ? Pour quel coût ? A quel moment y a-t-il urgence ? Et puis lancer une recherche dans l’urgence signifie que l’on n’a pas été prévenant. Pourquoi ne pas lancer des recherches avant l’urgence ? Faut-il attendre des morts pour lancer une recherche publique ?...

 

- Révision de la fiscalité propre à l’industrie chimico-pharmaceutique.

 

Commentaire :

Dans quel sens ?

 

 

6) Santé publique et bioéthique :


 

- Développement de toutes les branches de la Santé publique en totale harmonie avec les domaines de la Recherche et de l’Environnement.

 

Commentaire :

C’est beau. J’en verserais bien une larme. Mais analyser cette proposition qui ne correspond à rien, là je cale.

 

- Lutte prioritaire contre les grands fléaux infectieux et physico-chimiques : infections nosocomiales, SIDA, risques agroalimentaires.

 

Commentaire :

Que signifie prioritaire ? Des moyens seront-ils investis ? Dans du privé ? Du public ? Auprès d’associations qui dans d’autres parties du programme ne recevraient plus de subvention de la part du FN ? Qui déterminera ce qu’est un grand et un petit fléau ?…

 

- Les impératifs de la bioéthique doivent permettre d’aboutir à :

• Une loi interdisant la recherche médicale et la thérapie génique sur l’embryon.

• L’interdiction du clonage, même thérapeutique, en l’attente de progrès de la recherche sur les cellules souches.

• Le contrôle de la brevetabilité du vivant.

• Refuser l’euthanasie médicalement assistée mais autoriser l’arrêt clairement exprimé de l’acharnement thérapeutique.

 

Commentaire :

Sur les 2 premiers points, personnellement je n’ai rien à redire. Il y a certes un débat mais jouer avec ce qui peut être une vie (c’est l’objet du débat) me semble assez monstrueux.

Pour ce qui est de la brevetabilité, parler de contrôle signifie que l’on en reste à la possibilité de commercer sinon il n’y aurait rien à contrôler. Or s’approprier le vivant est un concept ultra-libéral très dangereux car on n’en voit pas la limite. Rien que le fait que les agriculteurs doivent acheter chaque année des semences stériles pour rester dépendants des firmes genre Monsanto suffit à se prononcer contre la brevetabilité du vivant. Là encore le FN est donc sur une position très ultra-libérale.

L’euthanasie est en débat et il n’y a pas de solution mais des positions, des avis sur la question, et ensuite des choix. Vu qu’il n’y a pas de vérité absolue en la matière, quel que soit le choix il sera considéré comme une erreur par les autres. Mais ce qui est sur, c’est que n’autoriser l’acharnement thérapeutique que lorsqu’il est clairement exprimé peut poser des problèmes à quelqu’un qui est dans le coma. Le FN montre là encore un certains populisme mais un manque de réalisme.

 


Conclusion :

Loin de vouloir protéger le service public de la santé, le FN ne propose que plus de concurrence, plus de corporatisme, plus de pression sur les personnels, moins de coordination.

En dehors de quelques déclarations de principes sur lesquelles personne ne peut s’opposer (qui va être contre le développement harmonieux de la santé et de la recherche ?...), le programme du FN n’est ni protecteur, ni financé, ni favorable aux agents.

C’est un programme de démantèlement de la fonction publique hospitalière qui comporte de sérieux risques pour les patients, c'est-à-dire tous les citoyens.

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Published by Thomas PETIT - dans Politique
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