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  • : Le blog de Thomas PETIT
  • : Recherche et partage d'alternatives à une société en panne d'imagination sociale. La théorie doit mener à une pratique positive.
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  • Thomas PETIT
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique.
Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique. Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 16:43

Une situation inextricable

 

Ce blog a pour vocation de proposer des alternatives à des situations qui paraissent bloquées et sans issues.

 

Sans être spécialiste de la question syrienne, il semble qu'en ce 4 septembre 2013, après les attaques au gaz à priori faites par le gouvernement, après 2 ans de guerre civile dont on a du mal à savoir qui l'on voudrait voir vainqueur vu les risques des 2 côtés des belligérants, la situation semble bien compliquée.

 

Pourtant, il y a un quasi consensus présent sur 1 point : nous devons intervenir.

C'est une obligation morale poussée par l'émotion présente mais aussi par notre responsabilité présente devant l'histoire. Si l'on ne fait rien, nos descendants s'occuperont de nous rappeler que nous n'avons pas empêché le massacre de milliers de personnes alors que nous serons supposés avoir eu les moyens d'intervenir. C'est le fameux rappel de Munich qui est fait ces derniers jours.

 

Les objectifs

 

Le problème, c'est qu'à Munich il y avait d'un côté les démocraties et de l'autre les dictatures.

Là nous avons un dictateur qui fait fasse à une révolte (non sire, une révolution, me direz-vous) qui, bien que légitimée par la violence du pouvoir en place implique une violence supplémentaire et ne propose pas une alternative précise.

 

Qui sont les rebelles?

Des citoyens mais aussi des bandits, des mercenaires, des intégristes.

Plus le conflit s'éternise, plus les citoyens convaincus d'un idéal démocratique seront faibles et peu nombreux, le sentiment de besoin de vengeance prenant la place de l'idéal politique.

 

Notre objectif doit donc être bien déterminé car nous ne pouvons certes pas rester les bras croisés mais nous ne pouvons pas non plus être ceux ayant mis au pouvoir des gens peut être pires. Munich fait appel à l'histoire, le soutien de Ben Laden et des talibans par la CIA aussi.

 

L'objectif est-il donc politique (destitution du dictateur et mise en place d'un gouvernement nous convenant mieux) ou la protection des civils?

 

Dans le premier cas, il s'agit d'être plus fort que l'adversaire. Dans le second cas, il s'agit de poser un bouclier le plus étanche possible ou de ne pas laisser les civils au milieu des combats.

 

Les moyens

 

Le problème est de savoir si l'on a vraiment les moyens.

 

La solution militaire est alors la première proposée. Il faudrait punir le vilain Bachar. Seulement, le punir avec des missiles Tomahawk risquerait de faire autant de morts et plus de dégâts que les attaques au gaz que l'on lui reproche.

Nous devons à ce point faire une parenthèse. Les attaques au gaz sont terribles. Mais le sont-elles plus que la torture organisée impliquant des enfants? Le sont-elles plus que les bombardements qui ont conduit déjà à plus de 100000 morts et 2 millions de réfugiés par ce conflit?

Par ailleurs, si l'on attaque, ne fera-t-on pas plus de dégâts? Est-ce qu'une solution militaire permettra d'atteindre l'objectif politique ou de protection des civils?

Peut être que l'objectif pourrait être atteint mais on peut avoir des doutes sur la protection des civils.

La "solution" militaire semble donc ne pas atteindre les objectifs fixés.

De plus, elle est très contestée et le serait encore plus si ce moyen d'action est utilisé sans l'aval de l'ONU ou même sans vote au Parlement. Certes la constitution ne prévoit pas ce dernier vote mais la situation exige une responsabilité nationale sans compter que le candidat Hollande disait que président il donnerait au Parlement la parole sur les sonflits éventuels.


La communauté internationale semble enfin pouvoir être convaincue de la nécessité d'une intervention.

Jusqu'ici la solution politique est privilégiée mais en quoi consiste une solution politique avec un dictateur qui n'arrêtera pas les bombardements pendant les discussions ?

 

La question est donc est-il possible d'envisager une solution pacifique pour atteindre les objectifs fixés.

 

Pour l'objectif politique, ça me paraît très difficile. Si les armes ont parlé, c'est justement parce que la solution politique n'a pas fonctionné. Les faits confirment l'analyse de Machiavel disant que la guerre était le prolongement de la politique.

Il y aurait bien la possibilité de faire une grande marche pacifique vers Damas en espérant que le nombre, y compris de femmes et d'enfants, s'avançant vers le palais du dictateur dissuadera les forces en présence de causer un nouvau massacre. Mais la première croisade a montré que ce que Gandhi a réussi en Inde pouvait aussi se terminer dans une marre de sang innocent.

 

Pour l'objectif de protection des civils, il y aurait peut être une solution et c'est l'enjeu de cet article de proposer cette idée.

 

Une alternative?

 

Dans la recherche d'une solution pacifique protégeant les civils, la question est d'abord de savoir où ces civils seraient en sûreté.

La réponse immédiate est celle des réfugiés : hors des frontières de la Syrie.

Il me semble que nous devons écouter ce message et en tenir compte.

L'idée serait en effet de faciliter ces exfiltrations des zones de combat et permettre aux civils de reprendre une vie normale à l'extérieur, dans un pays limitrophe ou un peu plus loin.

Nous faisons exactement la même chose pour nos ressortissants quand ils sont en danger : au lieu de positionner des troupes dans le pays et d'engager une confrontation, nous préférons retirer notre présence et laisser faire les combats que nous ne pouvons arrêter.

 

Malheureusement, d'habitude nous ne nous occupons que de nos ressortissants et pas des populations locales.

 

L'idée proposée est d'enfin tenir compte des populations locales.

L'idée est de faciliter leur déplacement en finançant les ONG et les pays limitrophes pour inciter et faciliter l'accueil des populations civiles concernées.

Nous pourrions commencer par nos propres règles en ne refusant pas les réfugiés Syriens sur notre territoire comme c'est semble-t-il le cas actuellement.

Mais nous pouvons aussi proposer un plan global à l'ONU qui fasse basculer le coût potentiel d'une intervention militaire en ressources pour organiser les camps de réfugiés dans de bonnes conditions sanitaires et au-delà.

 

Au-delà de ce coût, les bénéfices pourraient être multiples à la fois en diminuant les tensions avec les populations d'accueil puisque nous proposerions des ressources qui leur profiteraient directement ou indirectement.

La communauté internationale pourrait s'accorder beaucoup plus facilement sur une action de ce type augmentant le nombre de pays qui pourraient mettre la main à la poche.

Au lieu d'augmenter la violence et un ressenti négatif pouvant se retourner contre nous, nous pourrions aider les populations à s'organiser pacifiquement en vue de leur retour à la fin des combats.

 

Bref, cette proposition permettrait à la fois d'agir et de ne pas le faire militairement. Elle permettrait de protéger les populations sans avoir en permanence à prendre partie pour tel ou tel belligérant. Elle permettrait de construire et de préparer un avenir dans la coopération internationale plutôt que de procéder par la destruction avant d'imaginer éventuellement une aide à la reconstruction.

 


 



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Published by Thomas PETIT - dans Politique
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