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  • : Le blog de Thomas PETIT
  • : Recherche et partage d'alternatives à une société en panne d'imagination sociale. La théorie doit mener à une pratique positive.
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  • Thomas PETIT
  • Economiste de formation et de prédilection, j'ai touché à pas mal de petits boulots dans le privé et la fonction publique.
Actuellement permanent syndical des ministères finances et économie pour améliorer les conditions de travail de mes col
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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 13:22

Retraites

 

 

 

Principes :

 

  • Limiter les risques dans le temps.
  • L’activité présente doit financer les retraites. Ce n’est pas l’accumulation d’une activité passée (un capital) qui doive être aidée par l’Etat car elle n’est pas accessible à tous et comporte un risque important de dépréciation dans le temps.
  • Le niveau des pensions doit être suffisant pour vivre correctement. Pas la peine de chercher à reproduire un niveau de vie.

 

Objectifs :


  • Qu’il soit équitable.
  • Que son financement soit simple.
  • Que le système puisse être à la fois fixe dans ses structures et ses engagements, évolutif pour continuer à garantir un niveau de vie décent.

 

Système proposé :


Une retraite unique fixée au niveau du SMIC donnée à tout citoyen de plus de 60 ans.


Le cumul retraites/rémunération de travail serait possible. Mais étant donné que seuls ceux qui ont la chance d’avoir un emploi et la santé auraient accès à cette liberté, les cotisations employeur et salarié seraient doublées à la fois pour la santé, le chômage et la retraite. Ceci permet de garantir qu’il s’agit d’un choix de vie et qu’il apporte un bénéfice à la société. De plus, Il est normal que prenant un emploi potentiellement aux jeunes, il participe plus à la compensation du chômage.

Toute capitalisation serait autorisée mais pas facilitée par l’Etat. Chacun peut économiser et les entreprises peuvent donner un salaire différé par ce biais mais ce n’est pas à l’Etat d’aider ceux qui sont avantagés pendant leur activité à être avantagés dans leur inactivité.

Un système de transition devra tenir compte de la situation de ceux déjà en retraite et de ceux y arrivant dans les 10 prochaines années.

 

Avantages :


Le système serait simple.

L’évolution des retraites dépendant du niveau du SMIC, les retraités seraient incités à soutenir la rémunération de base des salariés.

Le système ne participerait pas à la reproduction des inégalités.

Le niveau de vie de 50% des retraités augmenterait et il s’agit de ceux qui ne s’en sortent pas.

Les simulations montrent que ce système coûterait moins cher à terme que le système actuel.

Le contrat inter-générationnel est clair et garanti.

Le financement peut s’élargir à d’autres assiettes que la rémunération du travail.

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Published by Thomas PETIT - dans Société
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commentaires

Testatio 26/05/2010 12:03


9 millions de souscripteurs en 4 années d'existence, alors que le système est uniquement incitatif et non obligatoire, je trouve ca énorme.
En Allemagne, il y a 42 millions d'actif, nous atteignons 21.5% de souscripteurs.
Le cout de la réunification est estimé à 1 300 milliards d'Euros. L'ajout de la population RDA n'a pas démultiplié le PIB, ca l'a augmenté certes, mais l'Allemagne comme tous les états Européens
dépensent plus qu'il ne gagne avant la réunification, je vous laisse imaginer la suite.

Je comprends vos craintes dans ce système ou seuls ceux qui sont capables de mettre 100€ de côté peuvent en bénéficier. Mais, en fait, c'est, à mon sens, un changement d'habitude demandé aux
allemands. Quand on gagne 1200€, on met 100€ de coté, et on vit avec ce qu'il reste. Il y a donc automatiquement une réduction entre 5 et 10% de la consommation (niveau de vie, pouvoir d'achat,
enfin, comme vous le dénommez). En France, ca serait dur, car c'est le moteur de la croissance, contrairement à l'Allemagne. Mais, en mettant ces fameux 100€ de coté, l'état donne genre 10€
(abondement : l'incitation). Ce qui fait qu'au final, on touche 1210€, mais qu'on organise nos dépenses : changement des mentalités.
Ce système me semble plus facile à être accepter par la population que celui que vous proposez. (C'est pour ca que j'en parle)


Prenons un exemple. Soit 4 personnes A, B, C et D. Ils ont tous 30 ans. A gagne 1200€, B gagne 2500€, C gagne 5000€ et D touche 450€ de RSA. Dans 30 ans si on imagine que le SMIC augmente en
moyenne de 2%/an, il sera autour de 2500€.
On voit de suite que A et D accepteront volonté d'avoir une retraite au niveau du SMIC. B peut être, C ne voudra même pas en entendre parler...
Les retraités A', B', C' et D' participe au financement au même titre que B et C (A ?). (Nous allons prendre 15% des rémunérations pour ce financement). Les retraités participent donc à hauteur de
720€ au financement et B et C donnent 1125€. Nous sommes loin des 4800€ (et cela même si nous avons 2 actifs pour 1 retraité). A partir du moment "inscrire dans la constitution le rôle de l'Etat
comme garant du financement des besoins", l'état participe à hauteur de 2955€ pour compléter les retraites. Ces 2955€ sont donc récupérer en impôts (je n'imagine pas un financement à partir de la
dette). Le jour où C tombe malade ou qu'il décide de partir à l'étranger, c'est 750€ en moins dans le financement, et les 2955€ reposent uniquement sur B pour l'impôt.


Donc, j'ai du mal à comprendre le financement. Il repose uniquement sur les riches et leur bon vouloir de financer tous les autres. Si on dit à C, quand tu seras à la retraite tu toucheras 1020€
(SMIC moins 15% du financement du système), alors qu'à 30 ans il touchait déjà 5000€ et qu'il était en droit d'espérer 2600€ de retraite dans le système actuel, j'ai du mal à comprendre comment il
acceptera. Et c'est d'autant plus gênant que le système aura toutes les peines du monde à fonctionner sans lui.


J'ai donc loupé quelque chose dans votre explications...


JL 23/05/2010 19:53


Je ne suis pas convaincu par vos arguments. Par ex, si la France etait si competitive, elle creerait plus d'emplois - ce qui reglerait en partie les problemes actuels concernant le financement du
steme de retraite.
D'autre part, j'ai tout-a-fait compris que l'objectif de ce systeme est de garantir un revenu decent. Le probleme est que ce n'est pas realiste - je ne vois d'ailleurs pas sur quoi "il y a de la
marge".
Cette base fixe garantie par l'Etat doit etre financable par l'economie reelle, et ce financement ne doit pas affaiblir les actifs et entreprises qui in fine financent le systeme. Les revenus de la
retraite doivent venir en partie de l'epargne, c-a-d a des revenus de la vie active non consommes, parce qu'on a prefere reporter sa consommation a plus tard.
Oui, l'Etat doit encourager cette epargne, comme il le fait dans les pays anglo-saxons, en Allemagne, en Suisse, ou en France. D'autre part, parler de "30% de retraites pauvres" est largement
exagere. Bien sur, tout le monde ne s'en sort pas: comprenez-bien que c'est dans la mentalite americaine de tout consommer tout de suite. Peut-etre n'est-ce pas suffisamment encourage par l'Etat
US?
Quant a ENRON, c'est un cas tres, tres particulier. Je vous recommande de vous renseigner sur la retraite par capitalisation. Cela ne signifie pas investir uniquement sur les marches action, et sur
une seule entreprise qui plus est.
Ce systeme a pour l'instant fait ses preuves sur la duree (je considere notre systeme francais comme mort et enterre vu qu'il n'est plus equilibre depuis des annees - les reformes sont encore a
venir). Y a-t-il 30% de retraites pauvres en Suisse? Pour rester realiste, je pense qu'il y aura de toute facon toujours des retraites "pauvres", de la meme facon qu'il y aura toujours des
travailleurs pauvres. L'essentiel, c'est d'en limiter le nombre.
Je suis d'accord avec vous sur la necessite de repartir les richesses, mais la aussi, il faut rester realiste. Dans le monde actuel, il n'y a plus vraiment de frontieres pour les capitaux. Demander
davantage d'efforts aux "riches" qui financent le systeme ne va que l'affaiblir en les faisant partir.


testatio 21/05/2010 17:47


Je vous aie donné ces situations extrêmes pour comprendre le mode de financement. J'ai l'impression, arrêtez moi si je me trompe, que vous faites de l'état "l'intermédiaire" entre les cotisations
et les pensions. Ce que je veux dire, c'est que l'état paie les pensions, et récolte les cotisations. Il n'y a donc plus de caisse de retraite. Ainsi, la retraite par répartition est finie parce
que tout simplement, que le système soit ou non équilibré, l'état providence sera là. La crise grecque, et plus globalement des états (qui sera la prochaine crise financière), nous impose justement
de faire attention à cet interventionnisme qui pourra s'avérer désastreux si on se repose trop sur les états.

Nous avons à l'heure actuelle, 12.5 millions de retraités. Si on leur donne le SMIC : 15 milliards d'Euros. C'est donc actuellement un peu moins que la totalité des pensions. Néanmoins, nous savons
qu'il va y avoir de plus en plus de retraité. Votre système équilibre donc pour un temps le financement, mais lorsque tous les Baby-boomer seront à la retraite, le déséquilibre réapparaitra, et
l'état devra mettre la main à la poche, nous entrainant dans un déficit structurel LT.
Le but de la réforme, c'est que l'on pérennise le financement que l'on ait 10 ou 30% de retraité, comme 5% ou 15% de chômage. Il faut donc que votre système soit capable de fonctionner de manière
adéquate avec 30% de retraités et 15% de chômage. Et là, c'est difficile dans n'importe quel système par répartition d'avoir un équilibre.

Je pense que si vous dites à la RFA que 15% d'actif supplémentaire, c'est 100% de PIB supplémentaire, ils vont vous rire aux nez. C'est plutôt revoir le fonctionnement de la société entière. Car
forcément, le chômage, les dépensent, les aides etc... augmentent alors que les revenus, ne dépendent que du bon vouloir des ces nouveaux citoyens et de leur consommation. Attention donc aux
raccourcis ;)


En fait, vous partez du principe que ceux qui gagnent peu, dépense tout ce qu'ils gagnent sans se préoccuper de l'avenir, alors que ceux qui gagnent beaucoup (doivent) épargnent pour leur avenir.
Il me semble que c'est pas forcément juste.

Les seuls qui pourraient accepter ce système, ce sont ceux qui gagnent/gagneront moins que le seuil que vous préconisez. Les jeunes aussi peuvent accepter. Mais, les actifs et les retraités
refuseront en masse. Pour moi, ces personnes sont ce qu'on appelle la 'majorité silencieuse'. Si on la mécontente, c'est la stabilité de l'état que l'on met en péril.

J'aimerai comprendre ce que vous appelez inégalités subies en activité. Rémunération différente ? Parcours différent ?
Si c'est ca, moi je vois plutôt une gestion humaine et personnelle. Ce que je trouve largement préférable par rapport à la gestion numéro des grands groupes. Surtout que là, quand on bosse et qu'on
voit que celui qui ne fait rien a pareil, on peut ne pas dire qu'on aille vers un apaisement des relations dans l'entreprise. D'ailleurs, c'est dommage qu'il n'y ait pas eu d'étude à FT
là-dessus.


L'épargne retraite est un choix : on consomme moins maintenant, pour pouvoir vivre à la retraite. Sanctionné une cigale pour que tout le monde devienne fourmi, c'est idyllique, et le jour ou ya un
problème (une crise par exemple), et bien c'est Toute la société qui souffre, et pas qu'une partie.
L'Allemagne a mis ce système en place avec des abondements. De 3 millions d'adeptes au début, ils sont 9 millions après quelques années. Certes, la consommation en pâtie, mais les Allemands ont
moins peur de l'avenir d'eux et de leur enfants, donc ont tendance à plus investir et consommer. Paradoxal, non ?


Thomas PETIT 22/05/2010 00:32



La question sur l'instance de gestion n'est pas réglée. Les finances passeraient par une sorte de fiscalité qui devrait garantir les droits : les ressources doivent s'adapter aux dépenses. La
"caisse" devrait donc gérer la captation des richesses en faisant varier les fiscalités requises en fonction des besoins (facile à connaître : tous ceux qui ont plus de 60 ans, il n'y a que la
mortalité qui diminue à la marge les prévisions).


La question de l'indépendance de la caisse est un leurre. Il y a actuellement 34 caisses qui sont en situation instable en permanence. C'est la règle de compensation entre caisses qui permet
d'équilibrer à peu près. Mais il y a de toute manière des périodes de déficit et d'autres de bénéfices : que font-elles de ces sommes? Par ailleurs, le système paritaire est extrêmement fragile
et crée des rentes de situation syndicales qui impliquent des décisions qui n'ont rien à voir avec l'intérêt des salariés (ce sont les syndicats qui s'opposent à une fusion des caisses...).
L'Etat est toujours le garant en dernier ressort et est contrôlé par la nation. Il a toute légitimité. D'ailleurs, c'est l'Etat qui fixe les taux des recettes. Les caisses ne gèrent donc pas
grand chose en réalité. Par contre, ce sont des taxes affectées.


C'est là qu'il faut blinder : il doit s'agir de cotisations sociales non assises sur les seuls salaires mais bien des cotisations pour rester affectées.


De plus, il faudrait inscrire dans la constitution le rôle de l'Etat comme garant du financement des besoins, eux-mêmes fixés au niveau du SMIC. Il serait très difficile de revenir là-dessus. Ce
serait une garantie bien plus forte que ce qui existe et les baisses importantes des régimes complémentaires IRCANTEC, AGIRC, ARRCO l'ont démontré dans la fin des années 90.


Pour le financement, j'ai tablé sur la totalité des plus de 60 ans : 12 millions en 2000, 22 millions en 2050. Je n'ai pas fait de projection avec augmentation du PIB puisque les pourcentages
resteraient les mêmes. Le résultat des calculs est une augmentation de 5 milliards du budget si l'on en reste à 13% du PIB et à un gain de 2 milliards si l'on se base sur une augmentation des
recettes correspondante à l'évolution de la part des plus de 60 ans dans la population totale.


Je n'ai pris que des chiffres officiels (INSEE, COR).


Au niveau macro-économique, ça passe sans difficulté avec une croissance 0 volume. La croissance permettrait donc d'augmenter le SMIC sans risque global pour les finances (tout évoluerait de
concert).


Sur la RFA, j'ai du louper un truc je vais revoir mes messages.


Je n'ai pas dit que ceux qui gagnent peu doivent tout consommer, je dis que leur propension à consommer est de fait égale, voire supérieure à 1 (d'où l'augmentation des dettes individuelles). Par
ailleurs, il est évident que ceux qui gagnent le plus sont ceux qui ont la capacité d'épargner. Au ministère du travail (lon d'être acquis...) le chiffre a été avancé de 90% de souscripteurs
comme ayant un niveau plus élevé que cadre : c'est de la redistribution à l'envers ! Tous les crédits ou défiscalisations profitent donc extrêmement majoritairement aux cadres !


Par ailleurs, ce qui est aussi une évidence, c'est que tout le monde ne profitera pas de tout ça. Vous donnez vous-même 9 millions d'allemands qui souscrivent : ça fait 13% seulement!


Enfin, cette épargne doit être rémunérée à terme. C'est cette même épargne qui pousse les taux de rentabilité demandés aux taux excessifs de 20%. Ce sont ces mêmes épargnes qui donnent le pouvoir
à quelques banques de déstabiliser les Etats.


Je préfère personnellement que ce soit les Etats qui récupèrent ces disponibilités financières plutôt que des banques.


 


Sur les parcours différenciés, le problème est que personne n'a le choix ni de ses salaires, ni du nombre d'heures travaillées : ça dépend du marché. En gros, si nos compétences ne correspondent
pas aux besoins du moment, on ne gagne rien. Zidane est très riche parce qu'il est très fort en foot. Qu'en serait-il de lui 50 ans plus tôt???


Il y a donc une injustice énorme sur la différenciation des salaires. Tant que l'on base les retraites sur les salaires gagnés pendant l'activité, on reproduit des inégalités totalement
infondées.


 


Enfin, au niveau de l'acceptation, il est évident qu'il s'agirait d'un combat politique. Mais entre les visionnaires philosophes, les femmes, les jeunes, et tous ceux qui gagnent ou gagneront
moins, il y a une forte probabilité que ça puisse passer. La difficulté est la relation travail-retraite qui est un fait culturel actuellement et ça, c'est dur à changer (c'est le même problème
sur l'illusion de la stabilité des caisses retraite).


 


Merci encore pour toutes ces remarques qui font énormément avancer la réflexion.



JL 20/05/2010 19:11


bonsoir et merci pour cette proposition originale.
Tres interessant, mais je vois un risque important: tout le systeme repose sur le SMIC. Or si autant de monde a interet a voir le SMIC augmenter, il y a fort a parier que les politiques ne
resisteront pas a l'augmenter regulierement, au-dela des gains reels en productivite. Consequence: perte de competitivite pour l'economie, et pertes d'emplois, entrainant d'autres difficultes pour
financer le systeme. Conclusion: un tel systeme ne serait pas viable a moyen terme (sauf si tous les pays l'adoptent, avec le meme SMIC...).
En fait, un tel systeme est tres interessant si le montant est inferieur au SMIC. Cela reflete en partie le 1er pilier du systeme de retraite en Suisse (retraite de base par repartition). Pour
completer cette retraite de base bien sur insuffisante, il vous faudrait ajouter par ex. les 2 autres piliers du systeme suisse, et vous arriverez a un systeme plutot democratique (a la fois au
niveau de la retraite de base, la meme pour tous, et de la liberte qu'il offre a tout un chacun de se construire des complements-retraite), equilibre, et relativement simple (au niveau de son
fonctionnement et de ses necessaires ajustements).


Thomas PETIT 22/05/2010 00:43



En fait, économiquement, le SMIC comme tout revenu devrait augmenter au niveau de la croissance (PIB en valeur, c'est à dire inflation + croissanc en volume = environ 4% par an).


C'est une évolution qui devrait être naturel car c'est la partage normal de cette croissance. S'il y avait une baisse tendancielle de la croissance, elle correspondrait logiquement à un
engorgement du marché. Si c'est une question de compétitivité, c'est que le marché fonctionne mal puisque la compétition se joue sur le prix nominal des salaires et pas sur l'efficacité du
système productif.


Bref : il y a de la marge. La compétitivité est la grande excuse sauf que la France est 6 ème exportateur mondial et 3ème destination des investissements directs de l'étranger ! La compétitivité
joue en réalité à la marge sur l'économie et c'est surtout un argument empêchant une répartition juste des gains de richesse. S'il y avait un réel problème de compétitivité, la part des revenus
ne changerait pas et c'est le PIB qui diminuerait, ce qui n'est pas le cas.


 


Pour ce qui est d'un niveau inférieur au SMIC, c'est justement ce qu'il faut éviter : l'Etat doit garantir un niveau décent. L'évolution potentielle n'est pas un problème en étant fixée au SMIC.
ça permet au contraire de coordonner ces évolutions.


Par ailleurs, les systèmes anglo-saxons ont aussi une base fixe. Mais comme elle est totalement insuffisante, il y a une part fortement subventionnée vers les retraites par capitalisation. Or ce
système aboutit à 30% de retraités pauvres vu que tout le monde ne peut souscrire et qu'en plsu c'est instable (ENRON, ...) : ce n'est pas l'objectif.


Avec la fixation au niveau du SMIC, le revenu est qualifié de décent et supérieur au taux de pauvreté. Il empêche donc la pauvreté et exonère l'Etat de mesures d'aides au capital qui pourraient
donner l'illusion de compenser cette pauvreté. Politiquement, il est plus difficile à un cadre sup de justifier sa demande d'exonération fiscale des plans d'épargne retraite s'il n'a pas
d'exemple de pauvres du système à mettre devant la caméra...



Testatio 20/05/2010 12:17


J’aimerai comprendre votre vision du financement ainsi que vos simulations.
Prenons 2 exemples extrème (pour que je comprenne):
- 100% de la population a moins de 60 ans. Dans ce cas, le besoin pour les retraites est nul. L’argent cotisé irait où ?
- 100% de la population a plus de 6 ans. Dans ce cas là, la valeur travail ne finance plus les retraites. D’où viendrait l’argent ?

Il me semble que vous passez dans un ‘état providence’, mais avec les 90% de dette que le gouvernement actuel va laisser à la fin de son mandat, et que plus aucun économiste ne voit de réduction de
cette dette à cours, moyen et long terme, nous nous approchons lentement mais surement vers le même problème que la Grèce. Nous vivons au dessus de nos moyen, nous le savons, mais nous attendrons
la faillite annoncée avant de prendre les mesures qui s’imposent.


Pour le point 4, je dis que vous ouvrez la boite de pandore en supprimant le système par répartition.
En effet, vous pouvez augmenter les recettes de cette façon, mais il est également possible de le réduire. Ne doutez pas que ca arrivera lorsque la poids de la dette sera trop lourd. De plus,
dépendre d’un secteur (le PS propose de taxer les banques à 15%), nous devenons dépendant de ces mêmes banques, et si le secteur tombe en faillite (on a vu en 2008 que c’était possible), et bien
plus aucune retraite sera assuré du jour au lendemain.
Je trouve donc ceci bancale, et je n’aime pas savoir le lobby bancaire capable de faire plier n’importe quel politique. Croire qu’ils n’en feront rien est bien naïf…

Ensuite, je trouve injuste de changer le système quand il ne fonctionne plus : On paie tout notre vie active pour les retraités, et quand on y arrive, on nous dit, ca fonctionne plus comme ca, vous
allez encore payer pour financer les retraites, en plus vous allez toucher le SMIC.
Moi, qui aie un bon salaire (je ne fais pas parti des fameux 10% au dessus de 3000€ quand même), je dois vous avouer que ça me poussera à la révolte. Alors, ces fameux 10%, j’imagine qu’ils ne
resteront pas sans agir.


Dans un système qui s’appuie sur la solidarité, si celui qui paie pour les autres se retrouve au même niveau que tous les autres, alors nous atteignons un point d’inflexion. La solidarité ne pourra
plus fonctionner et ceux qui payent risque de refuser de le faire à terme.
Mais là, on revient sur le système incitatif, et je ne suis pas d’accord avec ta réponse. Quand tu gagnes 3000€, et passer à 1200€, ca fait une perte de pouvoir d’achat de presque 75%. Ces
personnes refuseront de partir à la retraite. Nous aurons donc une partie de la population très active, et une autre dans l’incapacité de trouver du travail.

Je prends un exemple parlant : Une personne seule gagne 3000€ loue un appart. dans Paris à 1500€. Lorsqu’elle part en retraite, elle doit partir de chez elle pour aller dans un HLM ? On peut
s’étonner de l’intérêt d’avoir travailler toute sa vie, si c’est pour finir dans un appart. social. Normalement, l’humain aspire le contraire.


Thomas PETIT 20/05/2010 17:44



Beaucoup de remarques d'un coup :)


Je vais essayer de les reprendre une à une, je crois qu'il y a 3 questions principales :


- la validité des scénarios


- la solidité des financements à LT


- les conséquences sur ceux qui ont des salaires élevés et les conséquences en matière d'acceptation.


 


Pour le premier point, j'ai effectué mes projections sur la base des estimations INSEE et du COR sur la démographie. Il n'y a donc pas ces situations extrêmes.


Mais quand bien même ces situations apparaîtraient, s'il n'y a pas de plus de 60 ans, il n'y aurait rien à financer. Dans un système de cotisations, il y a des recettes non affectées. C'est le
système actuel. Je me demande toujours ce que la CNAV a fait des surplus dans les années excédentaires. Evidemment, il semble que ces sommes aient soit été placées, soit ont permis une
augmentation plus forte des retraites (mesure pas forcément soutenable à LT). Dans un système de financement budgétaire, soit on diminue ponctuellement les recettes, soit on les réaffecte, soit
on les met dans un fond de réserve. Je ne donne que des éléments de réponse, tout ceci serait fonction de choix politiques dont je peux avoir un avis mais ça me paraît prématuré d'aller plus loin
sur ce sujet.


Si toute la population a plus de 60 ans et que la productivité des machines n'est pas suffisante pour être autonome (parce qu'il existe cette solution extrême qui correspond à un scénario tout
aussi extrême :) ), dans ce cas, il faudrait évidemment travailler à nouveau plus tard. Mais le problème serait aussi un problème de société. L'autre possibilité qui deviendrait d'ailleurs une
évidence, serait d'ouvrir les frontières pour accueillir la jeunesse d'autres pays. Si les autres pays sont dans la même situation, c'est la fin de l'humanité qui s'annonce, alors...


 


Au niveau de la solidité des financements, petite remarque sur la proposition du PS. Les 15% sur les banques serviraient à alimenter le fond de réserve. C'est donc une mesure de sécurité. Le
pouvoir des banques n'en serait donc pas augmenter et les recettes accumulées permettraient au contraire de se garantir de situations comme celle actuelle où les banques font un chantage sur le
budget global : il faut prendre les recettes au moment où on le peut pour ne pas être acculé au gouffre quand il y a des difficultés.


Dans le système que je propose, je fais des comparatifs entre PIB et populations qui me permettent de tenir compte des capacités contributives du pays et de vérifier que le problème est d'abord
un problème de répartition des richesses et pas un problème de manque de richesses. La question est donc comment capter ces richesses pour les affecter correctement. ça signifie aussi évidemment
d'empêcher certains de s'enrichir encore plus. C'est toute la logique de la mise en avant de la compétitivité par la droite : ça permet de faire peur, de restreindre nos capacité à capter la
richesse, et de laisser ceux qui ont déjà du patrimoine de prendre ce que nous n'aurons pas pris... La solidité du système repose déjà et reposera encore sur la fiscalité ou la cotisation.


La question de l'utilisation et donc de la gouvernance est complexe. Je n'ai pas plus confiance dans la gouvernance actuelle des caisses de retraite, extrêmement corporatiste, que de celle de
l'Etat. Ce qu'il faut solidifier dans ce cas, ce sont les engagements. On le voit avec les retraites des fonctionnaires qui fonctionnent sur ce principe budgétaire. Il est évident que la droite
met en avant ces engagements pour les remettre en cause. Mais aucun sysème ne peut tenir si une des parties trahi l'autre. Actuellement, les jeunes remettent en cause la répartition parce qu'ils
risquent de na pas en profiter. Les anciens, par leurs choix politiques remettent en cause les droits des jeunes, du coup les jeunes ne voient pas pourquoi il paieraient leur part du marché,
c'est à dire les cotisations. Si ça allait jusqu'au bout, il se pourrait que les retraités se retrouvent tout à coup sans financement. Je ne suis pas sur d'avoir répondu entièrement et il ne faut
pas hésiter à me relancer mais j'ai peur d'être déjà trop long sur cette partie.


Pour la perte des plus riches, déjà il faut avoir en tête que si certains ont 700€, c'est parce que d'autres ont 2000€. Ce n'est pas particulièrement juste. Faisant partie des 10% à plus de 3000€
par mois et en ayant parlé à d'autres dans cette situation, ça ne paraît pas incohérent et il n'y a pas une vive opposition. Il y aura forcément une opposition, je ne le nie pas, mais rien n'est
facile et il ne me semble pas que cette opposition soit majoritaire.


Ceux qui sont déjà en retraite ou proches de l'avoir pourraient avoir juste une augmentation de l'imposition de manière progressive pour qu'il n'y ait pas de choc. Pour les plus jeunes, il s'agit
d'un contrat ferme et solide et tous les jeunes à qui j'en ai parlé sont totalement emballés. ça devrait d'ailleurs faire partie du programme d'un groupe de jeunes de gauche d'ici peu. Pour la
classe moyenne et 30-50 ans, c'est plus la question de la culture qui fait blocage (idée du taux de remplacement). Mais dès que l'on explique que la retraite ne devrait pas reconduire les
inégalités subies en activité, ça passe mieux (mesure de justice, proposition d'un projet de société qui n'a pas de prix).


Enfin, s'il y a perte de 75% en passant au SMIC, c'est que l'on gagne 4 fois le SMIC en activité ce qui laisse largement la possibilité de placer de l'argent sans y être aidé. Il faut savoir que
l'épargne-retraite profite à 90% aux cadres. Il me semble que le système ne doit pas aider ces systèmes mais je laisse la liberté de placer et de créer un patrimoine. Ce patrimoine est ce qui
permettra aux plus aisés en activité de ne pas trop perdre en retraite dans le système que je propose. Europe Ecologie est d'ailleurs dans la ligne de supprimer les aides aux épargnes retraite
(qui ne sont rien d'autre que des retraites par capitalisation en passant).


 


Bref, je comprends, que ça puisse faire peur. Il s'agirait d'une révolution culturelle importante. Mais elle serait parfaitement justifiée. Il faut avoir en tête que si le SMIC est au-dessus du
seuil de pauvreté, il n'y aurait plus de vieux pauvres. Il faut aussi avoir en tête que les femmes (51% de la population) seraient largement avantagées dans ce système tout simplement en étant
mises à égalité des hommes.


Je pense donc que non seulement ce système serait soutenable (sauf fin du monde, mais c'est le lot de tout système) et qu'il serait en plus démocratiquement acceptable.